Histoire du Taiji Chi

Tai­ji Chi, aus­si connu sous le nom de bâton­net de lon­gé­vi­té, est attri­bué à l’er­mite taoïste Chen Xiyi ou Chen Po Tuan, qui vécut sous la dynas­tie des Song (960‑1279 ap. J.C.). Il ne fut ensei­gné publi­que­ment pour la pre­mière fois que dans les années 50.

La légende de l’immortel endormi

Chen Xiyi (Chen Chu) serait né en 870 de notre ère, et mort en 989, à l’âge res­pec­table de 118 ans. Dans son enfance, une déesse maoïste vêtue de vert lui apparut :

« A par­tir de ce jour, tu seras libre de tout désir et devien­dra extrê­me­ment intel­li­gent » lui assura-t-elle !

Par­ve­nu à l’âge adulte, il réci­tait le Yi Jing quand 5 étranges vieillards vinrent l’écouter :

« Qui êtes-vous ? » finit-il par leur deman­der, intrigué.

«  Nous sommes les Dra­gons du lac de la lune et du soleil, rési­dence du dieu Xuan­wu, et tu dois aller y vivre en ermite », lui répondirent-ils.

Mont Hua

Le Mont Hua (Chine)

Les cinq Dra­gons le trans­por­tèrent alors sur leur dos, jus­qu’au Mont Hua, et le dépo­sèrent sur une pierre plate devant un magni­fique bas­sin d’eau pure, appe­lé Bas­sin des cinq Dra­gons. Il s’y ins­tal­la en ermite, dans le monas­tère de la ter­rasse des nuages.

Il visi­ta l’empereur trois fois, mais revint tou­jours dans sa mon­tagne bien aimée, pour pra­ti­quer l’al­chi­mie interne (Nei Dan), ramas­ser des herbes, et dor­mir. Il disait appar­te­nir à la nature sau­vage des mon­tagnes, comme un cerf ou un ours. Le mont Hua, comme la mon­tagne en géné­ral, sont tou­jours étroi­te­ment asso­ciés à son esprit et souvenir.

La légende raconte qu’il pou­vait dor­mir pen­dant des mois, voire des années d’affilée :

« Les rêves per­mettent d’en­trer dans une réa­li­té mys­té­rieuse, libre de tout désir, ou le monde se dis­sout dans le souffle » ensei­gnait-il, gagnant ain­si son nom d’immortel endormi.

Les origines

Nul ne connaît les racines exactes de cette pratique.

La transmission du Taiji chi lignée Zhao Zhongdao

On attri­bue donc cette pra­tique à l’immortel taoïste Chen Xiyi (Chen Po Tuan) (870–989 après J.C.), l’un des 6 patriarches de la lignée daoïste des Immor­tels cachés. Chen Xiyi est aus­si relié à la lignée Long­men et aux ensei­gne­ments de Lü Dong­bin.

Chen Po Tuan 陳圖南 était doté d’une rare intel­li­gence depuis la plus tendre enfance, il pré­fé­ra se reti­rer tôt du monde dans les monts Wudang 武當, puis dans les mon­tagnes « Hua Yue » 華嶽. Il lais­sa der­rière lui un ensemble de pra­tiques liées à l’al­chi­mie interne comme :

  • Le Qi Gong des 24 saisons,
  • La boxe interne Liu­he­ba­fa­chuan ou boxe des 6 Har­mo­nies / 8 méthodes,
  • Le Qi Gong du som­meil ou « l’Im­mor­tel Endormi »,
  • Ain­si qu’une inter­pré­ta­tion du Yijing,
  • Le Tai­Ji Chi ou bâton­net de longévité…

Le Tai­ji Chi est pra­ti­qué en tenant un bâton de bois, ou avec d’autres objets comme une boule de pierre ou de bois.

Chen Xiyi l’enseigna au pre­mier empe­reur Song : Zhao Kuan­gyin, puis elle se trans­mit ensuite secrè­te­ment comme un joyau de famille, jus­qu’à l’un de ses des­cen­dants : Zhao Zhong­dao (1844–1962).

Taiji Chi ou bâtonnet de longévité

Ce bâton mesure tra­di­tion­nel­le­ment 26,7 cm de long, il est en bois tour­né, léger et poreux de pré­fé­rence et ses extré­mi­tés arron­dies lui per­mettent de tenir confor­ta­ble­ment dans les paumes pour sti­mu­ler les « Lao Gong » (8MC). La poro­si­té du bois per­met de conduire le Qi entre les deux mains, le Chi deve­nant ain­si « char­gé » comme une batterie.

Le bâtonnet de longévité ou Taiji Chi

Le bâton­net de lon­gé­vi­té ou Tai­ji Chi

Le sys­tème de Chen Xiyi com­porte dif­fé­rents types d’exercices :

Taiji Chi en mouvement

Les exer­cices en mou­ve­ment sont la fon­da­tion du sys­tème. On pra­tique dif­fé­rents mou­ve­ments cir­cu­laires, hori­zon­taux, ver­ti­caux, et à dif­fé­rents niveaux. Ils déve­loppent le Qi dans les Dan tian et ren­forcent la respiration.

Taiji Chi assis

On pra­tique assis sur une chaise, les pieds à plat au-des­sus du sol. En fai­sant des mou­ve­ments cir­cu­laires avec les mains en tenant le Ruler, dans le plan hori­zon­tal ou vertical.

Taiji Chi allongé

Dans cette posi­tion, les coudes res­tent posés au sol, et on fait des mou­ve­ments lents de va-et-vient entre le nom­bril et la poi­trine avec le Chi. Cette pra­tique induit une relaxa­tion très pro­fonde et peut être uti­li­sée par les per­sonnes malades ou handicapées.

Taji Chi Debout

Les autres méthodes du Taiji Chi

  • Des balles en bois ou en pierre que l’on roule sur une table en bois concave, ce qui déve­loppe la sen­si­bi­li­té des doigts et des mains et la cir­cu­la­tion périphérique.
  • Une planche de bois enfon­cée dans le sol, sur laquelle on vient pous­ser avec les doigts, pour ren­for­cer les doigts des artistes mar­tiaux et thé­ra­peutes manuels.
  • Un sys­tème de pous­sée des mains (simi­laire au Tui shou), qui déve­loppe la sen­si­ti­vi­té et l’écoute.

Balle Bois du Taiji Chi

Les effets du Taiji chi

Cette méthode puis­sante accroît la force phy­sique et sou­tient le déve­lop­pe­ment spi­ri­tuel. Elle per­met de se connec­ter avec le Qi de l’u­ni­vers dans le but d’ac­croître la vita­li­té et la longévité.

Les exer­cices créent une sphère d’énergie dans le Dan­tian et la font tour­ner, créant une sen­sa­tion d’être rem­pli d’énergie et de bien-être.

  • Il accroit éga­le­ment la force physique.
  • Il per­met de sti­mu­ler la cir­cu­la­tion du Qi dans les cir­cuits de la grande et petite cir­cu­la­tion, le Dai mai (vais­seau de cein­ture) et les méri­diens des jambes.
  • Il sti­mule éga­le­ment le flot dans les paumes et les doigts.
  • Le Tai­ji Chi paraît émettre un flux de Qi qui affecte l’intérieur du corps, encou­ra­geant le mou­ve­ment du Jing, du sang et du Qi.
  • Il déve­loppe éga­le­ment le Yi, l’intention, amé­lio­rant la concen­tra­tion et l’éveil de la conscience.

Le but ultime de la pra­tique est de deve­nir un avec le Dao, en se fon­dant avec l’énergie pri­mor­diale du Ciel et de la Terre, pour reve­nir à l’origine.

Zhao a écrit : « Le Qi Pré­na­tal (Yuan Qi 元气) est la racine de la vie humaine. Les gens ne sont pas conscients qu’ils vivent au milieu du Qi de la même façon qu’un pois­son n’est pas conscient de vivre dans l’eau. Le Qi Pré­na­tal est juste un autre nom pour le Qi Originel ».

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