Dans la pen­sée chi­noise, basée sur une vision holis­tique de l’être humain, la dou­leur chro­nique n’est jamais consi­dé­rée comme devant être « gom­mée », mais on cherche tout d’abord à en com­prendre la cause, pour cher­cher à y remé­dier. Pour une même dou­leur, les causes peuvent être très dif­fé­rentes.

Un pra­ti­cien de méde­cine chi­noise cher­che­ra tout d’abord à déter­mi­ner le type de dou­leur, et sa loca­li­sa­tion, pour pou­voir faire un pre­mier bilan :

Qu’elle en est l’origine ?

  • est-elle externe ? (résul­tant d’une bles­sure par exemple)
  • ou interne ? (un excès de toxine dans le corps par exemple pour une dou­leur mus­cu­laire)

Pour la MTC (Méde­cine Chi­noise Tra­di­tion­nelle), la dou­leur est tou­jours le signe que la cir­cu­la­tion nor­male du Qi est blo­quée, dans un endroit par­ti­cu­lier. On clas­si­fie les dou­leurs par excès et par défi­cience : dans l’excès, la dou­leur est empi­rée par le tou­cher, dans la défi­cience, elle sera amé­lio­rée.

  • les dou­leurs par excès : elles ont sou­vent une ori­gine externe. La dou­leur pro­vient du fait que le corps cherche à éva­cuer quelque chose qui ne devrait pas être là. (un excès de froid dans le corps va pro­vo­quer des cour­ba­tures, typiques des états grip­paux par exemple).

Elles peuvent aus­si être dues à un blo­cage de la cir­cu­la­tion interne du Qi, (cal­cul biliaire, ulcère, rage de dent ou migraine…) et dans ce cas, la per­sonne ne sup­porte pas d’être tou­chée. On cher­che­ra à remettre en cir­cu­la­tion le Qi par le mou­ve­ment ou la phy­to­thé­ra­pie.

  • Les dou­leurs par défi­cience : elles sou­vent accom­pa­gnées de fatigue et de sen­sa­tion de vide. Elles sont amé­lio­rées par la cha­leur, le mas­sage pro­fond, la pres­sion, car la per­sonne est en manque de Qi. On cher­che­ra à revi­ta­li­ser la cir­cu­la­tion du Qi et à réchauf­fer.

Les différents types de douleurs selon la médecine chinoise

  • Une dou­leur sourde, est le résul­tat d’une faible cir­cu­la­tion ou d’un ralen­tis­se­ment du Qi, du à un excès d’humidité ou de froid dans cer­taines zones du corps, comme dans le cas de l’arthrose. On le déter­mine par l’aspect de la langue : épaisse, gon­flée. Ces dou­leurs sont aggra­vées par temps froid et humide. L’objectif du trai­te­ment : assé­cher, réchauf­fer pour aug­men­ter la cir­cu­la­tion du Qi.
  • Une dou­leur aiguëe, chaude, de type inflam­ma­toire est due à un excès d’acidité dans le corps, et de toxine. On parle alors d’excès de « cha­leur » : La langue sera rouge, le trai­te­ment cher­che­ra à rafraî­chir et détoxi­fier l’organisme.
  • Une dou­leur erra­tique, qui change de loca­li­sa­tion, se déplace dans le corps, est sou­vent d’origine ner­veuse. La langue est « trem­blante ». on par­le­ra d’excès de » vent «. Dou­leur « élec­trique », brû­lante comme dans le cas d’une scia­tique. Ces dou­leurs pro­viennent d’une lésion ou sur­ex­ci­ta­tion du sys­tème ner­veux. Elles seront accrues par les ten­sions ner­veuses, cer­tains régimes ali­men­taires, la fatigue, les aller­gies sai­son­nières et ali­men­taires, le vent. On cher­che­ra alors un trai­te­ment cal­mant du sys­tème ner­veux, et un régime ali­men­taire adap­té.

Le Qi Gong dans le traitement de la douleur

L’objectif pre­mier du Qi Gong étant de mettre en cir­cu­la­tion le Qi et le sang dans le corps, il est évident qu’il peut avoir un impact béné­fique sur les dou­leurs, par son action cal­mante glo­bale sur le sys­tème ner­veux, et d’activation du sys­tème para­sym­pa­thique (notre « frein »).

  • Mou­ve­ments lents, éti­re­ments doux et auto-mas­sages per­mettent une meilleure cir­cu­la­tion du Qi et du sang.
  • Les pra­tiques médi­ta­tives (Shen Gong) quant à elles, per­mettent de prendre du recul, d’ « obser­ver » la dou­leur, pour bien se dis­so­cier de celle –ci, afin quelle ne prenne pas toute la place. Elles per­mettent éga­le­ment de faire la part des choses entre la dou­leur « réelle » phy­sique, et ses sur­ajouts émo­tion­nels de peur, de colère, de ten­sion. Car si la dou­leur phy­sique ne peut par­fois pas être sup­pri­mée (dans le cas d’une lésion par exemple), on peut tou­jours dis­soudre ces com­po­santes émo­tion­nelles par la pra­tique de l’attention.

Quelques conseils en cas de douleur

  • Déter­mi­ner la cause
  • Déter­mi­ner le type de dou­leur
  • Obser­ver les fac­teurs externes aggra­vants (ali­men­taires, cli­mat, émo­tions, mode de vie) pour cher­cher à les éli­mi­ner.
  • Pra­ti­quer le Qi Gong : sans jamais for­cer, la modé­ra­tion doit être votre guide : vos dou­leurs ne doivent pas être agra­vées par le mou­ve­ment, pra­ti­quer dans la len­teur en cher­chant le relâ­che­ment mus­cu­laire et ner­veux. Mettre en mou­ve­ment avec beau­coup de dou­ceur la zone dou­lou­reuse. Alter­ner pra­tiques en mou­ve­ment et pos­tures debout ou assise.

Quelques points à traiter en auto-massage :

  • Dou­leur dans l’ensemble du corps : pres­ser ensemble le point 4 GI (sur le méri­dien du Gros intes­tin) et le 3 F (méri­dien du Foie)
  • Pour les dou­leurs qui changent de loca­li­sa­tion : 4 GI (méri­dien du Gros intes­tin) + 20 VB ( méri­dien de la Vési­cule biliaire)
  • Pour les dou­leurs dues à un excès d’humidité : 9 RP (méri­dien Rate Pan­créas)
  • Pour les dou­leurs des bras et des épaules : 5 TR (méri­dien triple réchauf­feur)

De nombreuses études ont été menées sur les effets du qi Gong sur la douleur

Même si celles-ci ne se font pas tou­jours selon les règles médi­cales occi­den­tales (beau­coup émanent d’hôpitaux chi­nois), les résul­tats semblent pro­met­teurs, ce que confirment d’ailleurs nos élèves, atteints de dou­leurs chro­niques : la pra­tique régu­lière du Qi Gong leur per­met de mieux les accep­ter et les gérer.

Une étude, finan­cée par le Natio­nal Ins­ti­tute of Health du gou­ver­ne­ment amé­ri­cain, et diri­gée par le pro­fes­seur Wen-hsien Wu, a tes­té les effets du Qi Gong sur des patients atteints du syn­drome d’algodystrophie au der­nier stade. (Mala­die du sys­tème ner­veux auto­nome, sur­ve­nant à la suite d’un trau­ma­tisme.)
Les patients effec­tuèrent deux ses­sions de 40 minutes, par semaine pen­dant 3 semaines, et durent conti­nuer les exer­cices chez eux pen­dant les 7 semaines sui­vantes.
91% des par­ti­ci­pants obser­vèrent une dimi­nu­tion de leur dou­leur et de leur niveau d’anxiété à la fin de leurs ses­sions d’entraînement.

Selon une étude de Jana Sawy­nok, Uni­ver­si­té Dal­hou­sie à Hali­fax,( Nou­velle-Écosse) une pra­tique de Qi gong, pen­dant 8 semaines de pra­tique sur un échan­tillon de 100 patients, per­met une amé­lio­ra­tion signi­fi­ca­tive de la dou­leur et des autres symp­tômes asso­ciés de la fibro­my­al­gie. (som­meil, stress, fatigue)
http://www.medpagetoday.com/clinical-context/Fibromyalgia/34120

Mohammed Saïah

Auteur / Enseignant de Qi Gong - Nei Gong chez Atelier Qiétude
Passionné par la tradition chinoise et les arts énergetiques de préservation de la santé (Yang Sheng) j'anime ce site et écris des articles sur le site de l'Atelier Qiétude (www.cours-qigong.fr) quand je ne suis pas en train d'enseigner le Qi Gong / Nei Gong à Nantes.

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